Job Backstage avec Patrick Fouque: il a photographié 900 stars !

Le photographe Patrick Fouque revient pour On sur son parcours, son métier et nous parle des nombreuses stars qu’il a photographiées !


Dans ce nouveau numéro de Job Backstage, Patrick Fouque se remémore ses premiers shootings. Tout est parti d’un cadeau de famille… Aujourd’hui, il est devenu un photographe de stars très renommé, avec près de 900 célébrités photographiées à son actif.

Quand et comment a commencé la photo pour toi ?

Patrick Fouque : Autour de la trentaine, c’est une vocation assez tardive à la suite d’un appareil photo qu’on m’a offert pour Noël. Je ne l’ai pas lâché depuis. D’ailleurs, j’ai même traqué mon entourage en les prenant en photo sans arrêt pendant sept ou huit ans. Cela avait le don d’énerver un peu tout le monde. J’ai accumulé plein de photos d’inconnus aussi. J’avais envie de leur tirer le portrait.

Quel a été ton premier appareil photo ?

Patrick Fouque : Un Minolta 7000i. Il est parmi les premiers numériques, je n’ai jamais travaillé en argentique. Ces appareils devaient avoir une très belle définition de 4 millions de pixels.

Connais-tu personnellement les modèles que tu photographies ?

Patrick Fouque : Parfois oui, dans le cadre professionnel. Dans le cadre de mon travail personnel, cela dépend.

Es-tu plus performant en ayant une prise de contact avec tes modèles avant de les photographier ?

Patrick Fouque : Ah oui, c’est essentiel pour moi ! On a très peu de temps parfois, c’est-à-dire trois ou quatre minutes. On ne choisit pas du tout l’endroit, mais ne serait-ce l’instant où je me présente avec la poignée de main ou l’échange du regard, c’est important. Un lien doit s’instaurer si possible. J’essaye de créer un lien de bienveillance.

Quelles célébrités as-tu eu l’occasion de photographier ?

Patrick Fouque : Harrison Ford, Gary Oldman, Benicio Del Toro, Mark Welberg ou encore Woody Harrelson pour les étrangers. Pour les Français : Juliette Binoche par exemple. J’en suis à presque 900 personnalités. Donc, j’ai un petit peu du mal à faire le tri mais certaines personnalités me marquent davantage.

La séance de photo la plus marquante ?

Patrick Fouque : Certaines stars me marquent, car nous gardons une accointance, on garde toujours un souvenir. Quand je parle d’Harrison Ford, avec ma génération, c’est « Indiana Jones », c’est « Star Wars », etc. Donc cela provoque quelque chose, même sans être de nature assez « fan ». Aussi, il y a des personnalités peut-être moins connues, mais qui m’ont marqué grâce à leur humanité, leur bienveillance ou leur érudition. Je pense à Stéphane Hessel. Je l’ai vu quelques mois avant son décès. C’est un grand souvenir d’humilité pour moi. Beaucoup de stars internationales ne sont pas très accessibles. Au contraire, elles aiment bien la légèreté, j’essaye donc de leur en apporter.

As-tu une anecdote surprenante à nous raconter ?

Patrick Fouque : À mes débuts, on m’envoie photographier Gary Oldman. J’aime beaucoup cet acteur et il fait très peur d’ailleurs. J’arrive avec un matériel encore peu professionnel, j’avais un néon à la main quand même. À ce moment-là pour moi, cet acteur, c’est Dracula, c’est son regard, etc. Donc, je ne sais pas comment m’y prendre. Il est très bien habillé, classe, élégant, il en fait beaucoup. Je suis déstabilisé, le décor ne me plaît pas trop et il le remarque malgré mon sourire. Je lui dis dans un très mauvais anglais : « Écoutez Monsieur Oldman, je ne vous dirige pas, je vous laisse faire. » Il me regarde droit dans l’objectif et il me dit « Direct me ! ». Et là, je suis déstabilisé. Je devais orienter une personne elle-même dirigée par de très grands réalisateurs.

Pour finir, quelques astuces techniques pour une photo réussie ?

Patrick Fouque : On peut prendre une photo avec des codes académiques. Des codes appris très vite à l’école. Je ne les ai pas appris là-bas, je suis autodidacte. Mais, les valeurs de cadre, la position, le nombre d’or et la direction de la lumière sont des notions importantes. S’il n’y a pas d’idée, la photo peut-être sauvée avec un placement du sujet dans l’image avec ces règles-là. Et, lorsque vous êtes un peu battus par le décor, par l’ambiance, utilisez la lumière naturelle. Elle est assez directe dans un sens, ou alors mettez une lumière un peu perchée. Vous vous en sortirez toujours à peu près. En réalité, dans un portrait, même si la lumière est ratée, s’il se passe quelque chose dans le visage, dans l’attitude de la personne en face, la photo est là !