Home Faits Divers Isère : à cause d’une erreur de diagnostic, ces parents seront privés de leur fille pendant trois ans.
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Isère : à cause d’une erreur de diagnostic, ces parents seront privés de leur fille pendant trois ans.

Isère : à cause d’une erreur de diagnostic, ces parents seront privés de leur fille pendant trois ans.
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Yoan et Sabrina sont encore sous le choc. Ils ont été injustement séparés pendant plus de trois ans de leur petite fille Louna, car ils étaient accusés de maltraitance. Ils ont finalement été acquittés par la justice pour les faits qui leur étaient reprochés. Cependant ils n’ont pas oublié le calvaire qu’ils ont vécu pendant toutes ces années à cause des trois experts qui ont brisé leur vie. Yoan et Sabrina ont d’ailleurs décidé de les poursuivre devant les tribunaux.

Cette histoire commence en 2012, lorsque Louna leur bébé âgé d’à peine 3 mois tombe malade. Pendant son hospitalisation au CHU de Nancy, les médecins constatent un hématome au niveau du visage de l’enfant. Sabrina leur affirme alors qu’il est possible que sa fille souffre du même mal qu’elle appelé « angio-œdème héréditaire ». Cette maladie se caractérise par l’apparition d’œdèmes. Cependant les médecins n’en croient pas un mot et alertent immédiatement la justice et un expert conclura plus tard qu’il s’agit de maltraitance.

Un jour, les parents sont surpris de voir débarquer chez eux les forces de police :

« Nous avons été traités comme des criminels. On a passé quarante-huit heures en garde à vue. Lorsqu’on nous a amenés au parquet de Nancy, on a traversé le tribunal, menottés, devant tout le monde. Nous étions déjà des coupables », se rappelle la maman. Face à ces accusations, les parents de Louna seront mis en examen par un juge pour « violence sur mineur de moins de 15 ans par ascendant », mais laissés en liberté. Leur bébé sera placé en famille d’accueil.

Une séparation qui a eu des conséquences terribles pour la famille, Sabrina raconte :

« C’est comme si on m’avait arraché le cœur, explique Sabrina. On a été privés de notre fille pendant trois ans et demi. On ne l’a pas vu faire ses premiers pas, prononcer ses premiers mots. On a raté ses anniversaires. Il n’y a pas eu de Noël avec elle. Le préjudice est inimaginable. »

Montré du doigt, et traité de tous les noms, le couple est obligé de déménager : « On ne pouvait plus vivre à Saint-Max, où on était montrés du doigt comme des parents maltraitants», raconte Yoan.

Des nouveaux experts seront nommés plus tard par le juge, et les résultats de leur expertise seront sans appel : il y a eu maltraitance. Cependant le couple arrive à faire une prise de sang sur leur fille, et les résultats des analyses prouvent effectivement que leur enfant souffre des mêmes maux que sa maman. Un diagnostic qui sera par la suite confirmé par le CHU de Grenoble où se trouve le centre de référence national de cette maladie. Mais l’enquête étant terminée, il y aura tout de même un procès.

Les parents de Louna seront logiquement déclarés non coupables de tous les chefs d’accusation le 22 juin 2015, et 2 mois après, Louna sera de retour à la maison. Mais cette séparation ne sera pas sans conséquences pour la fillette maintenant âgée de 5 ans. Ses parents affirment : « Louna souffre de troubles cognitifs qui sont la conséquence d’un choc post-traumatique. Elle a de graves problèmes de langage, du comportement. Elle a aussi peur de l’abandon ».

Les parents meurtris, accompagnés de leur avocat, Me Gérard Welzer demande aujourd’hui réparation aux trois experts qui se sont trompés. Yoan explique :

« Ce sont eux qui sont à l’origine de notre calvaire. Il va falloir qu’ils reconnaissent leurs erreurs devant les tribunaux, qu’ils expliquent pourquoi ils n’ont pas fait de prise de sang sur Louna, ce qui aurait permis de détecter sa maladie. Dire aussi pourquoi ils n’ont pas tenu compte de la pathologie dont souffrait Sabrina pour comprendre ce qui arrivait à Louna. D’autant plus que l’un d’eux connaissait parfaitement cette maladie orpheline. »

« Ces experts sont responsables. Même s’il est impossible de réparer notre préjudice, si on obtient de l’argent, on l’investira dans la création d’une association dont le but sera d’aider d’autres parents qui ont des enfants souffrant de maladies rares. Afin que personne ne vive à nouveau le même cauchemar», conclut Sabrina.