Arabie Saoudite : les femmes ont désormais le droit de conduire

Le roi Salman d’Arabie Saoudite a signé mardi 26 septembre, un décret qui autorise les femmes à conduire. Une mesure qui entrera en vigueur en juin 2018 après le Ramadan. Un délai suffisant pour donner la possibilité aux femmes de passer leur permis de conduire.

Cette décision est dans la continuité d’un long processus d’émancipation de la femme, lancé sous l’ère du roi Faycal en 1962 avec l’ouverture des premières écoles pour filles. En 2013, le roi Abdallah avait nommé trente femmes au Majles Al-Shoura, le conseil consultatif.

Désormais, les féministes saoudiennes vont s’attaquer à d’autres dossiers importants : l’abolition de la tutelle. En effet, en Arabie Saoudite les femmes sont obligées d’obtenir l’aval d’un référent masculin (père, époux ou frère) pour accomplir les gestes de la vie quotidienne, comme signer un contrat de travail ou voyager à l’étranger. L’Arabie saoudite était le seul pays au monde à interdire l’accès au volant aux femmes.

Fawzia Al-Bakr, figure de la cause des femmes en Arabie saoudite a réagi à l’annonce du décret: « C’est fantastique, je plane, cela fait 20 ans que l’on attendait cette mesure. Toutes mes amies débarquent chez moi pour faire la fête. »

« Le président Donald J. Trump salue la décision du royaume saoudien d’autoriser les femmes à conduire dans le royaume », a déclaré la Maison Blanche dans un communiqué. « C’est une avancée positive pour la promotion des droits des femmes en Arabie saoudite ».

Le fils du roi, le prince héritier Mohamed Ben Salman dit « MBS », âgé d’une trentaine d’années, a lancé un vaste plan de réformes, baptisé « Vision 2030 », dont le but est de rompre la dépendance de l’économie saoudienne à l’or noir, et de rendre moins importante l’emprise des religieux sur la société.

Cette grande nouvelle pour les femmes saoudiennes n’a pas fait que des heureux, et plusieurs réactions négatives venant des ultraconservateurs ont inondé la toile. « Ils peuvent dire ce qu’ils veulent, dit Fawzia Al-Bakr. Personne n’obligera leurs femmes à conduire. Mais Mohamed Ben Salman ne fera pas machine arrière. C’est lui le plus fort. Il contrôle la situation. »

SOURCE: Le Monde